Malgré une augmentation des financements, les pays africains doivent en faire davantage pour atteindre Zéro Palu sur le continent

2 juilliet 2021, Addis-Abeba/Genève : Aujourd’hui, les pays africains célèbrent le troisième anniversaire du mouvement « Zéro Palu ! Je m’engage ». Lancée par les Chefs d’État et de Gouvernement africains en 2018, la campagne est désormais mise en œuvre dans 20 pays, ce qui permet de revigorer l’engagement politique existant, d’accélérer les actions, de mobiliser des ressources et d’accroître la responsabilité de tous pour éliminer le paludisme en Afrique d’ici 2030.

Depuis le lancement du mouvement « Zéro Palu ! Je m’engage », des progrès significatifs ont été réalisés, avec des millions de ressources nationales supplémentaires mobilisées pour lutter contre le paludisme, et ce, malgré l’impact négatif de la COVID-19 à travers le continent.

La campagne à l’échelle du continent, menée par les pays et coordonnée conjointement par la Commission de l’Union africaine et le Partenariat RBM pour en finir avec le paludisme, a obtenu des résultats rapides, notamment en garantissant une augmentation des ressources nationales allouées à la lutte contre le paludisme. Grâce à l’engagement des dirigeants à tous les niveaux, du secteur privé et de la société civile, la campagne rassemble les initiatives locales et multisectorielles afin de s’assurer que chacun puisse jouer son rôle dans la lutte contre le paludisme.

Par exemple, le Rwanda, la Tanzanie, la Zambie et le Cameroun ont récemment augmenté leurs engagements en matière de ressources nationales. Aussi, le Nigeria a obtenu des ressources de la Banque mondiale  à hauteur de 200 millions de dollars US et de la Banque islamique de développement (100 millions de dollars US) pour combler les principales lacunes financières de sa réponse nationale contre ce fléau.

De plus en plus de pays africains mettent en place des Conseils et des Fonds pour mettre fin au paludisme, qui permettent d’impliquer toutes les parties prenantes et de mobiliser des ressources en nature et financières pour combler les lacunes de financement existantes. À ce jour, des pays comme le Kenya, la Zambie, le Mozambique, l’eSwatini et l’Ouganda ont lancé des Conseils et des Fonds nationaux de lutte contre le paludisme. Quinze autres devraient être créés avant la fin de l’année 2022, conformément aux objectifs fixés par le président Uhuru Kenyatta, actuel Président de l’Alliance des dirigeants africains contre le paludisme (ALMA).

Les principales réalisations de ces Conseils et Fonds de lutte contre le paludisme à ce jour sont les suivantes :

La Zambie  a mobilisé 500 000 $US pour l’administration massive de médicaments et le transport en nature d’insecticides et autres intrants antipaludiques ; fait don de camions et de véhicules au Centre national d’élimination du paludisme ; engagé les chefs religieux et traditionnels dans tout le pays ; et mené une campagne médiatique de masse pour accroître la visibilité des moyens de lutte et de prévention du paludisme, y compris pendant la pandémie actuelle de la COVID-19.

L’eSwatini  a mobilisé des ressources financières pour financer les salaires des opérateurs de pulvérisation d’insecticide à effet rémanent à l’intérieur des habitations et pour acheter des antipaludéens à la suite d’une rupture de stock nationale ; a organisé des événements télévisés pour accroître la visibilité du paludisme et des objectifs de la stratégie nationale d’élimination du paludisme ; et a sensibilisé les médias et les chefs traditionnels à l’importance de l’élimination du paludisme.

Le Mozambique  a mobilisé des ressources financières et en nature d’une valeur de plus de 3 millions de dollars US pour combler les écarts de financements du plan stratégique national de lutte contre le paludisme ; et soutenu une campagne de sensibilisation communautaire pour promouvoir les messages sur le paludisme en partenariat avec les chefs religieux et communautaires.

L’Ouganda a organisé le lancement d’une campagne de communication pour accroître la visibilité du paludisme ; organisation de réunions et de formations pour sensibiliser les cadres supérieurs à l’impact du paludisme sur le secteur privé ; et organisation d’une course cycliste très médiatisée avec le Ministre de la Santé lors de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme 2021.

S.E. Jakaya Kikwete, membre du Conseil mondial de lutte contre le paludisme et ancien président de la République-Unie de Tanzanie, a déclaré : « Des investissements soutenus et ciblés peuvent transformer la réponse de l’Afrique au paludisme et la création des Conseils et des Fonds de lutte contre le paludisme est un exemple probant de la façon dont les pays peuvent couvrir les lacunes existantes en matière de financement du paludisme qui nous empêchent d’atteindre l’objectif continental de mettre fin au paludisme d’ici 2030. Ces nouveaux mécanismes de financement ont donné le coup d’envoi à des progrès remarquables et j’espère que d’autres nations à travers le continent prendront davantage leurs responsabilités dans la lutte contre le paludisme et mobiliseront les ressources nationales afin de pouvoir mettre fin aux souffrances et transformer la vie de leurs citoyens. »

Dr Abdourahmane Diallo, PDG du Partenariat RBM pour en finir avec le paludisme, affirme : « Au cours des trois dernières années, le mouvement « Zéro Palu ! Je m’engage’’ a joué un rôle important en encourageant une plus grande responsabilité dans la lutte contre le paludisme. Pourtant, d’importants déficits annuels de financement de la lutte contre le paludisme subsistent, et avec la COVID-19 qui menace les systèmes de santé à travers le continent, il est essentiel que davantage de ressources soient mobilisées par tous les secteurs afin que nous puissions tous atteindre notre objectif d’une Afrique exempte de paludisme. Aujourd’hui, j’encourage davantage de pays à travers le continent à intensifier leurs investissements afin que nous puissions mettre fin au paludisme pour de bon. »

L’ampleur du défi

Les chefs d’État et de gouvernement africains ont réaffirmé leur engagement politique de mettre fin à la maladie depuis la déclaration d’Abuja de 2000 pour faire reculer le paludisme. Toutefois, malgré des évolutions encourageantes, un déficit de financement de 50% subsiste sur la base des niveaux de financement actuels.  Des partenaires tels que le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, la Banque mondiale et l’Initiative du Président des États-Unis contre le paludisme continuent de jouer un rôle essentiel dans le soutien des programmes nationaux de lutte contre le paludisme sur le continent.

Le Dr Margaret Agama-Anyetei, Directrice par intérim de la Direction de la santé et des affaires humanitaires de la Commission de l’Union africaine, a déclaré : « Des investissements durables et accrus dans la lutte contre le paludisme sont essentiels non seulement pour mettre fin à cette maladie, mais aussi pour s’attaquer à d’autres menaces sanitaires existantes et émergentes. Avec la pandémie actuelle de la COVID-19, il est essentiel que le paludisme – une maladie qui tue plus de 400 000 personnes chaque année – reste une priorité de l’agenda politique. Si nous voulons atteindre nos objectifs d’élimination en 2030, nous devons continuer à faire pression pour une augmentation des investissements et une plus grande appropriation par les pays de la mobilisation des ressources. »

Joy Phumaphi, secrétaire exécutive de l’ALMA, a ajouté : « Zéro Palu ! Je m’engage’’ est allé de progrès en progrès et il est fantastique de voir tant de pays africains augmenter leurs contributions de financement nationales et démontrer leur engagement à mettre fin au paludisme. L’exploitation des atouts et des capacités du secteur privé est une pièce maîtresse dans l’augmentation des investissements nationaux, les gouvernements ne peuvent y parvenir seuls. Alors que nous continuons à travailler pour atteindre notre objectif d’une Afrique exempte de paludisme, nous espérons voir une plus grande action et des engagements de financement accrus de la part des nations du continent. »

Le secteur privé africain se joint à au mouvement

Afin de combler le déficit de financement dans les pays touchés par le paludisme, le Groupe Ecobank, en partenariat avec Speak Up Africa, une organisation à but non lucratif de communication stratégique et de plaidoyer basée à Dakar, a lancé en juillet 2020 l’initiative ‘’Zéro Palu ! Les entreprises s’engagent’’. Le programme a pour objectif de stimuler l’engagement du secteur privé dans la lutte contre le paludisme en Afrique en encourageant la mobilisation des ressources nationales et en impliquant les entreprises et les chefs d’entreprise.

Initialement lancée au Bénin, au Burkina Faso et au Sénégal, l’initiative a engagé à ce jour plus de 50 entreprises du secteur privé et d’autres lancements sont prévus au Cameroun, au Ghana et en Ouganda cette année.

Eunice Elvire Liosel, Directrice de la banque commerciale de Ecobank Bénin, a déclaré : ‘’Le secteur privé florissant de l’Afrique peut et doit jouer un rôle transformateur dans la lutte contre le paludisme, et nous sommes fiers de jouer notre rôle à travers le mouvement « Zéro Palu ! Je m’engage » via notre initiative « Zéro Palu ! Les entreprises s’engagent ». La lutte contre le paludisme est l’un des plus grands défis de notre continent et nécessite donc des investissements importants. Nous sommes impatients d’étendre cette initiative à travers le continent et de veiller à ce qu’encore plus d’entreprises puissent jouer leur rôle en contribuant à la lutte contre cette maladie.’’

– FIN –

 

Contact

Pour organiser une interview ou en savoir plus sur le Partenariat RBM pour mettre fin au paludisme, veuillez contacter le service de presse du Partenariat RBM à l’adresse suivante : RBMPartnership@grayling.com ou appelez-le +44 (0) 20 3861 3747.

 

Notes aux rédacteurs :

A propos de « Zéro Palu ! Je m’engage’’

La campagne ‘’Zéro Palu ! Je m’engage’’ menée à l’échelle du continent, a été adoptée par les dirigeants de l’Union africaine lors de leur 31ème sommet en juillet 2018, en soutien à l’objectif de l’UA de mettre fin au paludisme d’ici 2030. La campagne, codirigée par l’Union africaine et le Partenariat RBM pour mettre fin au paludisme, pour susciter un mouvement populaire en engageant les dirigeants politiques à tous les niveaux, en mobilisant des ressources et des financements, et en donnant aux communautés les moyens de s’approprier les efforts de lutte contre le paludisme et de tenir les dirigeants responsables de la lutte contre le paludisme.

Le mouvement ‘’Zéro Palu ! Je m’engage’’ soutient directement les objectifs de la réunion des dirigeants africains (ALM) de la Commission de l’Union africaine en matière d’investissement dans la santé, en augmentant les ressources nationales pour la santé et en réorientant les systèmes de santé en Afrique.

Pour plus d’informations sur le mouvement ‘’Zéro Palu ! Je m’engage’’ et pour accéder à la boîte à outils, veuillez consulter le site https://zeromalaria.africa/.

 

À propos du Partenariat RBM pour en finir avec le paludisme

Le Partenariat RBM pour en finir avec le paludisme est la plus grande plate-forme mondiale de coordination de l’action contre le paludisme. Fondé en 1998 sous le nom de Partenariat Roll Back Malaria (RBM), il mobilise des ressources, engage les partenaires à l’action et dégage un consensus entre eux. Le Partenariat rassemble plus de 500 partenaires, dont des pays impaludés, leurs partenaires bilatéraux et multilatéraux de développement, des acteurs du secteur privé, des organisations non gouvernementales, des organisations communautaires, des fondations, des instituts de recherche et des établissements d’enseignement supérieur. Le Secrétariat du Partenariat RBM est hébergé par le Bureau des Nations Unies pour les services d’appui aux projets (UNOPS) à Genève, en Suisse.

 

À propos de l’Union africaineL’Union africaine (UA) est une entité qui agit à l’échelle du continent africain et regroupe 55 États membres, tous pays d’Afrique. Elle a été officiellement lancée en 2002 pour succéder à l’Organisation de l’unité africaine (OUA, 1963-1999). Le Département des affaires sociales a pour mission de promouvoir les politiques de l’UA en matière de santé, de main-d’œuvre, d’emploi, de migration, de développement social, de lutte contre le trafic de stupéfiants, de prévention du crime, de sports et de culture. Afin d’atteindre les objectifs de la vision panafricaine d’une Afrique intégrée, prospère et en paix, l’Agenda 2063 a été élaboré comme cadre stratégique pour une transformation socioéconomique et intégrative de l’Afrique à long terme. L’Agenda 2063 appelle à davantage de collaboration et de soutien aux initiatives africaines pour réaliser les aspirations des peuples africains.

Pour plus d’informations sur l’Union africaine :

 

À propos de l’Alliance des dirigeants africains contre le paludisme

Fondée en 2009, l’Alliance des dirigeants africains contre le paludisme (ALMA) est une coalition innovante de chefs d’État et de gouvernement africains qui travaillent au-delà des frontières nationales et régionales pour parvenir à une Afrique sans paludisme d’ici 2030. Tous les États membres de l’Union africaine sont membres de l’ALMA.

Pour plus d’informations :

Site web : alma2030.org

Facebook : @AfricanLeaders

Twitter : @ALMA_2030

 

À propos de Ecobank Transnational Incorporated

Ecobank Transnational Incorporated (‘ETI’) (www.Ecobank.com) est la société mère du Groupe Ecobank, le premier groupe bancaire panafricain indépendant. Le Groupe Ecobank emploie plus de 15.000 personnes au service d’environ 20 millions de clients dans les secteurs de la banque des particuliers, la banque commerciale et la banque de grande clientèle dans 33 pays Africains. Le Groupe possède un agrément bancaire en France et dispose de bureaux de représentation à Addis Abeba en Ethiopie, à Johannesburg en Afrique du Sud, à Beijing en Chine, à Londres au Royaume-Uni et à Dubaï aux Emirats Arabes Unis. Le Groupe offre une gamme complète de produits, services et solutions bancaires notamment les comptes bancaires et de dépôt, la gestion de trésorerie, le conseil, les opérations du trading, la négociation des valeurs et la gestion de patrimoine. ETI est cotée en bourse sur plusieurs marchés boursiers à savoir London Stock Exchange à Londres, Nigerian Stock Exchange à Lagos, Ghana Stock Exchange à Accra et la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières à Abidjan.

Pour en savoir plus sur Ecobank, merci de visiter :

À propos de Speak Up Africa

Basée à Dakar, au Sénégal, Speak Up Africa est une organisation à but non de communication stratégique et de plaidoyer dédiée à catalyser le leadership africain, favoriser les changements de politiques et renforcer la sensibilisation autour du développement durable en Afrique – particulièrement sur les sujets liés à l’assainissement, la vaccination, le paludisme et les maladies tropicales négligées (MTN).

Pour plus d’informations sur Speak Up Africa :